Journal le Lavalois

Centenaire de l’explosion du 6 décembre 1917 à Halifax

Centenaire de l’explosion du 6 décembre 1917 à Halifax

Le 6 décembre 1917, une violente explosion dévastait la ville d’Halifax et laissait le pays sous le choc. Cette catastrophe a donné lieu à la première intervention de secours d’urgence de la Croix-Rouge canadienne de son histoire. La première page du journal Halifax Herald donna une idée de l’ampleur des dommages et des travaux de restauration requis. 

Les ports maritimes de l’Est du Canada étaient des pôles d’activités importants durant la Première Guerre mondiale (1914-1918), particulièrement celui d’Halifax, en raison de ses eaux profondes et protégées. Le matin du 6 décembre 1917, deux bateaux à vapeur, le cargo français le Mont-Blanc, transportant des munitions à destination de l’Europe alors en guerre, entra en collision avec un navire norvégien, l’Imo. Le Mont-Blanc prit feu et explosa vingt minutes plus tard, tuant 2 000 personnes, blessant des milliers d’autres et faisant 10 000 sans-abri. Le nombre des blessés gravement s’élève à quelque  6 000 personnes. Beaucoup de blessures furent handicapantes à vie, bien des gens étant rendus partiellement aveugles par les éclats de verre. Le très grand nombre de blessures oculaires suscita de grands efforts de la part des médecins et leur travail est à l’origine  de grands progrès accomplis dans le traitement des yeux endommagés.

L’explosion engendra un raz-de-marée (plus de 18 mètres au-dessus du niveau des hautes eaux) et une onde de choc si puissante qu’elle emporta le Imo jusqu’au rivage, cassa des arbres, plia des rails de chemin de fer et démolit des édifices, projetant des débris à des centaines de mètres. L’explosion fut entendue à 420 kilomètres de distance. Plus de 2,5 km de la ville de Halifax furent rasés et des vitres furent fracassées jusqu’à 16 kilomètres de distance. Une ancre provenant du Mont-Blanc fut retrouvée à près de quatre kilomètres du port. 

Ce fut la plus puissante explosion causée par l’activité humaine jusqu’au premier essai atomique en juillet 1945. Hormis les explosions atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, elle est encore celle ayant fait le plus de dégâts et celle d’origine accidentelle ayant fait le plus de victimes.

Le lendemain, un blizzard frappa la ville, faisant obstacle aux secours. De l’aide immédiate arriva rapidement du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. Dans la semaine qui suivit, de l’assistance arriva de partout en Amérique du Nord, et des dons parvinrent de partout dans le monde. 

L’effort le plus célèbre et le plus complet vint de la Croix-Rouge de Boston et du Comité de sécurité publique du Massachusetts. Depuis ce jour, les citoyens de Halifax font don d’un grand sapin de Noël chaque année à la ville de Boston.

La Croix-Rouge entre en scène

 

L’explosion d’Halifax représente la première incursion de la Croix-Rouge canadienne dans le domaine des secours aux sinistrés – une activité qui deviendra l’une des plus importantes de la Société à la suite de l’élargissement de son mandat, en 1919, lui permettant de poursuivre ses activités en temps de paix. 

Cette tragédie a aussi marqué le début d’une tradition de coopération lors de catastrophes entre les Croix-Rouge des deux côtés de la frontière. Depuis 1917, la Croix-Rouge canadienne a fourni une aide concrète à des personnes touchées par des milliers de catastrophes, allant des incendies résidentiels au Canada aux tsunamis à l’étranger. 

Entre 1920 et 1960

 

Les sections provinciales de la Croix-Rouge canadienne mettent sur pied des hôpitaux et des dispensaires afin d’offrir des soins de santé de base aux Canadiens en régions éloignées. Le programme de la Croix-Rouge jeunesse voit le jour dans les écoles de chaque province canadienne. Il prône les bons principes sanitaires, l’altruisme et la solidarité internationale. La Croix-Rouge canadienne commence à offrir des formations en secourisme dans certaines régions du pays non desservies par des organismes de secourisme.

De nouvelles initiatives apparaissent : l’aide aux victimes civiles de la guerre, la collecte de sang auprès de la population pour les hôpitaux militaires et le déploiement outre-mer des femmes bénévoles du Corps de la Croix-Rouge canadienne; le lancement d’un programme de natation et de sécurité aquatique pour contrer le taux élevé de noyades au Canada. Les activités de secourisme prennent de l’expansion. Les deux premières cliniques du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge canadienne ouvrent leurs portes, inaugurant ainsi le premier système national d’approvisionnement en sang à usage civil. Les citoyens donnent et reçoivent du sang gratuitement.

Entre 1961 et 1998

 

Avec l’ouverture de la banque de sang de la ville de Québec, le Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge est maintenant complet à l’échelle du pays.La Croix-Rouge instaure un  programme de services aux aînés et lance le programme ÉduRespect sur la prévention de la violence visant à briser le cycle de souffrance par l’éducation et la prévention;  ses efforts dans la campagne contre les mines antipersonnelles contribuent à la signature de la convention internationale sur leur interdiction; le programme national du sang instauré par la Croix-Rouge canadienne est transféré à Héma-Québec et à la Société canadienne du sang.

En 2007, l’Assemblée des Premières Nations et la Croix-Rouge canadienne signent un protocole d’entente en vue d’améliorer la qualité de vie, la santé et la sécurité des membres des Premières Nations au Canada.

Depuis 1896, la Croix-Rouge canadienne est toujours prête à aider les personnes vulnérables, au Canada et à l’étranger en secourant les sinistrés, aidant les réfugiés et prêtant assistance en temps de guerre. Elle réussit à remplir cette mission grâce à la générosité des Canadiens qui appuient leur travail en faisant don de leur temps, de leur expertise ou de leur argent.

Vous pouvez faire une différence en vous impliquant dans les activités de la Croix-Rouge. Chaque bénévole reçoit une formation pour acquérir des compétences et évoluer dans son rôle, et ce, dans un environnement de travail positif et professionnel. Pour devenir bénévole, si vous habitez au Québec, veuillez remplir une demande en ligne (en français seulement) à :

partenairescroixrouge@croixrouge.ca

ou encore, composer le 1 844 540-5410.

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