Journal le Lavalois

90 secondes pour sauver une vie

90 secondes pour sauver une vie

Le 14 mars 2018, les pompiers de Sainte-Brigitte-de-Laval se rendent au 15, rue des Merisiers pour combattre un incendie. Dès leur arrivée, ils pénètrent à l’intérieur de la maison par le rez-de-chaussée à la recherche du foyer d’incendie. Malgré la chaleur intense et la fumée, ils n’arrivent pas à le localiser.

Soudainement, le feu s’embrase. Le directeur par intérim du Service de la sécurité publique, M. Bertin Santerre, déclenche l’alerte rouge, ce qui signifie que les pompiers doivent évacuer sur le champ la maison.

Ils se dirigent tous aussitôt vers les sorties à travers une fumée intense. Ce qu’ils ignorent, c’est que le foyer d’incendie, qui fait rage dans le garage situé sous le rez-de-chaussée, a affaibli considérablement le plancher. 

Le jeune pompier, Dominique Paré, se trouve à quelques pieds de la porte lorsque le plancher cède. Il se retrouve au plus fort de l’incendie. Sa chute entraîne le déplacement de son masque. Il respire pendant un instant une fumée âcre, mais il conserve heureusement son sang-froid et parvient à replacer son masque. Il sait que ses collègues l’ont vu tomber et il tente tant bien que mal de se mettre à l’abri tout en repoussant les braises qui lui chauffent les jambes. Le pompier Daniel Nolet tente de l’agripper mais il n’y arrive pas. La situation est critique, sauver la vie de Dominique n’est plus une question de minutes mais bien de secondes. La réserve d’air de sa bonbonne s’épuise rapidement.

C’est le travail concerté de cinq de ses collègues qui a permis de tirer le pompier Paré de sa fâcheuse position. On apporte une échelle portative qui lui permettra de s’extirper des flammes. Il s’en tirera heureusement avec des blessures mineures.

L’opération a duré moins de 90 secondes « les plus longues de ma vie » souligne Dominique.

Le chef Santerre soutient que c’est la coordination des efforts de ses collègues et le sang-froid dont a fait preuve le pompier Paré qui ont permis de lui sauver la vie.

Le courage des cinq pompiers a d’ailleurs été souligné par le ministère de la Sécurité publique. M. Benoît Couture, lieutenant aux opérations, et M. Daniel Nolet, pompier et premier répondant, ont reçu une médaille pour acte méritoire. Une citation de reconnaissance a aussi été attribuée aux pompiers et premiers répondants, messieurs Patrick Champagne, Jean-Philip Leclerc et David Gilbert. 

La sous-ministre Liette Larrivée a indiqué que « l’exceptionnel travail d’équipe de ces pompiers a permis de sauver la vie de leur collègue pris au piège par les flammes. Leur bravoure et leur professionnalisme font honneur à leur profession ».

Que retiennent-ils de toute cette expérience? Cet événement restera gravé à jamais dans leur mémoire. « Il n’y a pas une journée depuis le 14 mars où je n’y ai pas pensé » souligne le lieutenant Couture. Ses collègues avouent eux aussi que cet incident les habite toujours. 

Ils ont bien compris la réalité du danger qui fait partie de leur métier ainsi que l’importance de la formation et de l’entraînement. Les pompiers forment une grande famille et ils ont d’ailleurs tenu à souligner l’appui de leurs collègues de Lac Beauport qui étaient présents lors de l’incendie.

Le directeur de la Sécurité publique de Sainte-Brigitte-de-Laval, M. Moïse Mayer, qui est entré en fonction le 1er octobre dernier, considère que cette expérience aura des répercussions positives pour les personnes qui l’ont vécue. « Ces 90 secondes vont leur être profitable pour le reste de leur carrière » conclut-il.

Photo 1 = Messieurs David Gilbert, Daniel Nolet, Jean-Philippe Leclerc, Dominique Paré et Benoit Couture

Photo 2 = M. Bertin Santerre

Photo 3 = M. Moïse Mayer

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