Journal le Lavalois

Les Dawson à Sainte-Brigitte-de-Laval

Les Dawson à Sainte-Brigitte-de-Laval

Dawson : voilà un patronyme porté par le plus grand nombre de colons irlandais. Pour ajouter un peu de confusion, beaucoup d’entre eux portent le même prénom de William.

D’origine anglo-saxonne (son of David), il est arrivé en Irlande, en passant probablement par l’Écosse, lors de la période appelée « Ulster Plantation » lorsque des colons, surtout protestants se sont établis au nord de l’Irlande. On trouve donc les Dawson surtout dans le nord (Ulster), mais ils sont aussi très nombreux dans le comté de Tipperary. Au cours des années, certains se sont convertis au catholicisme, dont les familles qui nous occupent.

William Dawson (1770-1831) et Catherine Broderick (1768-1848)

En termes de descendance, c’est le plus important couple Dawson arrivé vers 1831 dans la région, qui a eu huit enfants, dont sept avec des descendants.

Un autre couple, apparenté d’après les informations contenues dans les actes de mariage et de baptême), est celui de Philip Dawson (1775-1864) et Mary Hickey (1795-1844), dont six des enfants auront une nombreuse descendance.

Un troisième couple, aussi apparenté, est formé par James Dawson (1785-1854) et Elizabeth Keough (1790-1850), dont nous avons parlé dans l’article consacré à la famille Keough.

Le « Tipperary Settlement »

Les Dawson et leurs épouses sont du comté de Tipperary, comme d’autres familles venues à SBDL, ce qui nous fait penser qu’ils sont arrivés ensemble, ou par parrainage. Pas surprenant que la première appellation pour le lieu qui sera désigné plus tard sous le nom de paroisse de Laval, soit le « Tipperary Settlement », ainsi qu’en atteste une carte de 1834.
BANQ:http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3121100

Pourquoi émigrer au Québec ?

Pourquoi William et Catherine ont-ils traversé l’Atlantique avec au moins sept de leurs huit enfants, à un âge quand même avancé ? Les traces laissés par les actes de baptême de mariage dans le comté de Tipperary laissent supposer que la famille déménageait souvent.

Ainsi, un fils plus âgé est baptisé dans la région de Nenagh, plus au nord, alors que Catherine, née en 1814, est baptisée à Kilcommon, près de Tooreen. D’autres localités mentionnées, dans les alentours, sont Templemore, Mt Frisco, Bealaclave.

Ce que nous révèle l’Histoire

L’historien de l’Université Laval, Robert Grace, nous révèle que la plupart des immigrants avant la famine étaient des journaliers agricoles, qui déménageaient souvent en fonction du travail disponible.

Au début des années 1800, les terres du comté de Tipperary appartenaient souvent à des propriétaires qui l’utilisaient pour le pâturage. Les petits fermiers étaient presque tous disparus, et il y avait donc un nombre important de journaliers agricoles, vivant pratiquement au jour le jour. Cette insécurité a eu deux conséquences majeures: la révolte et l’émigration.

À partir des années 1760, et surtout après 1805, on assiste à un nombre important de révoltes plus ou moins organisées, et à la création de sociétés secrètes qui s’opposaient à l’augmentation des rentes.

La classe possédante était surtout protestante et, le mouvement d’émancipation des catholiques, sous la direction de Daniel O’Connell, était en plein essor.

Bref, ceux qui pouvaient se le permettre, pensaient à l’émigration vers l’Amérique. Ils ont sans doute aussi connu certains de leurs compatriotes, arrêtés lors de ces révoltes ou pour un simple vol, se faire déporter en Australie, qui était alors une colonie pénitentiaire.
Ainsi, les Dawson/Broderick ont pu émigrer avec leurs enfants et sont arrivés à Québec, probablement au début de 1831. Il est fort probable que le père soit décédé peu après, car on trouve la sépulture de William Dawson, le 28 juillet 1831, « un homme irlandais de cette paroisse » à Charlesbourg.

Catherine est décédée à SBDL le 20 octobre 1848, et a été inhumée aussi à Charlesbourg le 26 novembre.

Ce qui est étrange, c’est qu’on ne retrouve pas les Dawson masculins au recensement de 1852 à Laval, Où étaient-ils ? On ne les retrouve ni au recensement de l’Ange-Gardien, ni dans celui de Charlesbourg. Cependant, les naissances des premiers enfants sont enregistrées à la paroisse de SBDL. Elles apparaissaient peut-être dans le recensement de Beauport, mais celui-ci est disparu.

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